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Patrick Roland ,ou Eggihard , le bronzier Byzantin .

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Description :

Bonjour , bonjour,oyez,oyez bonnes gents, vous vous trouvez sur un blog consacré au travail de fondeur,orfèvre et joaillier que je mène dans le cadre de notre activité de reconstitution historique , principalement sur la reconstitution de bijoux du 12°/13°14°/15°/16°et 17° siècle , un peu de Viking aussi , en réalité tous les joyaux de l'histoire me passionne .
Vous y découvrirez au fil du temps (le mien) la fonte des métaux nobles et leurs transformation en pièces finies, vous y découvrirez aussi ma petite production et mes créations , que vous pourrez alors vous procurer si elles sont encore disponibles , le feu et le métal , depuis la plus haute antiquité , ils font rêver l'humanité .
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Le monde du feu, du métal et des hommes

Bienvenue dans mon monde , celui ou le feu rend le métal liquide et le livre à l'inspiration des créations , C'est ce monde que notre petite entité de fondeur , essaye de partager à travers la reconstitution historique d'un four de fonte mobile du 14° siècle , nous faisons dans nos démonstrations participer un maximum le public , invitons les jeunes à s'essayer à la fabrication d'un moule en sable , et fascination garantie , nous concrétisons leur oeuvres par la coulée du métal à plus de 1200°, la participation du public est essentielle pour la compréhention du processus , et les enfants adorent,nous leur expliquerons aussi le travail de finition , la bijouterie médiévale ,le sertissage des pierres qui transforme les bijoux en joyaux , la dinanderie , et bien d'autres choses fascinantes , nous ouvrirons pour vous et surtout pour eux , un mini atelier qui durera le temps de votre manifestation ,  mais en premier , un peu d'histoire .
 
La fusion des métaux est la pratique ancestrale qui consiste à faire passer un métal de l'état solide à l'état liquide.


Les sept métaux connus dans l'antiquité sont l'or (utilisé depuis -6000), le cuivre (-4200), l'argent (-4000), le plomb (-3500), l'étain (-1750), le fer (-1500) et le mercure (-750).
Ces métaux sont connus des civilisations antiques : les Mésopotamiens, les Égyptiens, les Grecs et les Romains.
Nous avons tous en mémoire nos cours d'histoire qui relataient l'âge du bronze qui est une période de la préhistoire. Ce bronze, qui est un alliage de cuivre-étain, ne peut être obtenu que par fusion et qui ramène, à bien des siècles en arrière, l'histoire de la fonderie et de la technique de fusion.
 

Remontant à la nuit des temps, l'industrie métallurgique
puise ses racines dans l'expérience, l'audace, et l'ingéniosité de l'homme.
Très tôt dans son histoire, « Homo faber » tirera du sol, les matières
dont il fera parures, outils, armes,
avant de s'engager dans de vastes constructions.

Les premiers âges
La première rencontre de l'homme et du métal est sans doute le résultat d'un hasard. C'est probablement en cherchant des galets chatoyants pour ses parures, qu'un jour il aura été intrigué par l'une ou l'autre pierre qui n'était pas une pierre comme les autres, ni par son aspect, ni au toucher.
Pépite d'or ou minerai de cuivre, il aura constaté qu'en martelant ces pierres, il pouvait en modifier la forme. C'était la naissance des premiers bijoux.
L'âge du cuivre ou période chalcolitique
Le Chalcolithique (du grec khalkos, « cuivre », et lithos, « pierre ») est la période de transition entre le l'âge de la pierre (néolithique) et l'âge du bronze.
Dans les cultures néolithiques du Proche-Orient et du sud-est de l'Europe aux Ve et IVe millénaires av. J.-C., le cuivre natif est simplement martelé pour obtenir la forme désirée. Il se répand dans les sociétés agricoles sous forme de petits objets comme perles ou alênes (poinçon pour le cuir).
La maîtrise du feu, acquise par les potiers néolithiques, permet l'élévation de température des foyers et est à l'origine de la métallurgie.
Déjà attesté vers l'an 4300 avant J.-C., dans le pays de Sumer, le cuivre pénètre en Égypte avec les échanges commerciaux.
Au Fayoum, vers 3600 avant J.-C., on trouve des outils en cuivre pour trancher bois ou cuir sur les bords du Nil. Vers 3000, il est devenu franchement utilitaire et extrait de la mine. Les métaux natifs comme l'or et l'argent, plus rares, sont alors utilisés comme parure.
Les plus anciennes mines connues en Europe sont celles de Rudna Glava en Serbie, et d'Aï Bunar en Bulgarie, utilisées dès 4500 J.-C. Des puits profonds de plus de 20 mètres suivaient les filons de malachite.
L'âge du bronze
L'âge du bronze qui succéda à la période néolithique (âge de la pierre), est la période de la protohistoire correspondant à l'invention de la métallurgie, notamment du travail du bronze, pour la fabrication d'outils, d'armes, de bijoux et d'objets de culte.
En Europe, l'âge du bronze est subdivisé en 3 périodes : bronze ancien (1800-1500 av. J.-C.), bronze moyen (1500-1200 av. J.-C.) et bronze final (1200-800 av. J.-C.). Il précèdera l'âge du Fer.
  Objets celtes en bronze Ces objets celtes trouvés en France et à l'ouest de l'Allemagne datent de l'âge du bronze (IIIe millénaire).
Obtenu par la fusion de minerais de cuivre auquel on a ajouté de l'étain, le bronze apparut au IIIe millénaire avant J.-C. en Asie Mineure. Non malléable, mais d'une grande fluidité, il sera coulé avec le concours des potiers déjà experts dans le traitement des sables et argiles. C'est ainsi qu'épées, pointes de lances, haches, couteaux, épingles et broches seront obtenus par moulage. D'autres objets comme les boucliers étaient fabriqués à partir de feuilles de métal mises en forme au marteau.
 
Origine des noms de métaux :
L'étain doit son nom aux îles Cassitérides (actuellement îles Scilly) en Cornouailles. C'est ainsi que les Grecs appelaient ces îles où ils s'approvisionnaient en étain auquel ils avaient donné ce nom.
Le cuivre doit son nom à Chypre. Les Grecs l'appelaient « aes cyprium » (l'airain de Chypre).
Quant au bronze, il vient du nom du port du Sud de l'Italie : Brindisi, l'antique Brundisium, par l'italien bronzo. (Guy Rachet - « Des mondes disparus, des Egyptiens aux Mayas »)

L'âge du fer
Dès le IIIe millénaire, Sumériens et Égyptiens avaient taillé et ciselé des minerais de fer bien cristallisés tels la magnétite ou l'hématite : de nombreux objets retrouvés en témoignent.
Un texte datant de 3500 avant J.-C., atteste de l'utilisation par les Égyptiens, de bas foyers rudimentaires qui leur permettaient d'extraire le fer du minerai. Dans ces bas foyers dont l'ouverture était ménagée de manière à profiter des vents dominants, couches de minerais et couches de charbon de bois alternaient. Ainsi, les premiers métallurgistes pouvaient réduire les oxydes en prolongeant suffisamment l'opération. Démolissant ensuite le four, ils y trouvaient une pâte visqueuse, mêlée de scories, que le forgeron travaillerait ensuite au marteau pour l'épurer.

En Asie Mineure, dès le Ier millénaire avant J.-C., le fer va petit à petit prendre la place du bronze pour les outils tranchants, mais l'effort des techniciens se portera particulièrement sur les armes que les chefs veulent aussi belles qu'efficaces
En Europe, les premières implantations métallurgiques sont situées à Hallstatt (900 av. J.-C.), peut-être par l'intermédiaire des Étrusques, puis à La Tène (à partir de 500).
La Tène :
Station protohistorique sub-lacustre du Lac de Neufchatel.
La station sub-lacustre de La Tène a révélé l'équipement des Celtes : longues épées en fer, casques pointus, grands boucliers de bois à umbos de bronze et poignards à manches anthropomorphes Hallstatt :
Le site de Hallstatt en haute Autriche révèle en 1846 un grand cimetière où les premières armes en fer concurrençaient les poignards en bronze. Ces Hallstattiens qui exploitent le sel gemme local se rattachent à d'autres groupes de guerriers cavaliers dont l'origine thraco-cimmérienne est supposée. On retrouve leurs longues épées de bronze à bouterolles imposantes, leurs mors de chevaux et leurs fibules de l'Allemagne du Sud au Jura, en Bourgogne, dans la vallée du Rhône et dans le nord de l'Espagne.  


Chez les peuples européens, la forgerie remonte à la haute antiquité. Les termes qui désignent le forgeron : faber, ferrarius (latin) - goba (celtique) - Smid (germanique) formèrent de bonne heure des noms propres : Fabricius - Gobannitio - Schmied - Smed (en suédois) - Smith en anglais... et par la suite : Lefebvre - Lefevre (français) - Fabbro (italien) - Fabre (provençal et occitan) - Faure (occitan) - Fierar (roumain) - Ferrer (catalan) - Ferreiro - (portugais) - Herrero (castillan) - Kouzniets (russe) - Kowal (polonais) ...
A.Lovegnée - op. cit. p.66
Les Romains ont largement exploité les ressources minières dans les pays conquis, établi des ateliers de toutes sortes, armes, monnaies, etc.
Le fer était produit au bas fourneau, simple trou dans le sol où on mélange le minerai, le charbon de bois et les fondants. Après réduction, on obtenait une loupe de fer spongieuse qu'il fallait cingler énergiquement.Progressivement, les bas foyers primitifs sont remplacés par des fours munis de souffleries activées par la traction chevaline.


Puis l'Empire de Rome , c'est effacé , en Orient vint l'Empire Byzantin et en Occident une multitude de petits royaumes plus ou moins dans l'Europe actuelle .Mais les femmes et surtout à cette époque les hommes ne cesserons de convoiter bijoux, armes  et parures précieuses , aussi comme un hommage , nous allons essayer de les faire revivre .
Le monde du feu, du métal et des hommes
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#Posté le dimanche 30 janvier 2011 13:38

Modifié le dimanche 20 février 2011 11:41

Tenues militaires Europe orientale et Est au 14° siécle , sortez de la grisaille .

Tenues militaires Europe orientale et Est au 14° siécle , sortez de la grisaille .Tenues militaires Europe orientale et Est au 14° siécle , sortez de la grisaille .Tenues militaires Europe orientale et Est au 14° siécle , sortez de la grisaille .Tenues militaires Europe orientale et Est au 14° siécle , sortez de la grisaille .La reconstitution dans nos régions , est relativement terne, ont semble oublier que la laine , n'est pas le seul tissu et que les couleurs sont vives et très diversifiées , si nous nous éloignons un petit peu de nos pays (Belgique,Françe et sacrosainte Angleterre) nous nous appercevons après quelques recherches que dès que nous nous rapprochons soit de l'Italie , soit des Pays orientaux (Empire de Byzance), soit des Ex Pays de l'Est (Hongrie,Russie,etc..)les tenues deviennes somptueuses, les armures des pièces d'art , qui change agréablement des coutumes vestimentaires  adoptées par nos reconstituteurs locaux  , mais il faut "vouloir".
Vous trouverez ici , un exemple de costumes militaire qui était en vigeur fin 14° à la fameuse bataille de Kulokovo , ou le reste de la Horde d'or commandée par le général Mongol "Maimai" c'est fait exterminer par l'alliance des anciens féaux de Byzance et par le génie militaire d'un fameux Prince "Russ"assisté de Statégo Byzantin, vous ne rêvez pas , vous êtes bien fin 14° . et certaine de ces tenues ce perpétuent jusque loin dans le 17°dans les pays concernés.
 
Tenues militaires Europe orientale et Est au 14° siécle , sortez de la grisaille .
 





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#Posté le dimanche 20 février 2011 08:52

Modifié le dimanche 20 février 2011 09:15

Les ptits derniers (Pour Monseigneur l'évêque .)

Croix de Saint Jacques pour un évêque  en argent , reste à souder l'anneau et à placer la bélière .
 
Les ptits derniers (Pour Monseigneur l'évêque .)Les ptits derniers (Pour Monseigneur l'évêque .)Les ptits derniers (Pour Monseigneur l'évêque .)Les ptits derniers (Pour Monseigneur l'évêque .)
 
 
 

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#Posté le mercredi 02 février 2011 11:45

Grand collier du Capitaine de la Hure

Grand collier du Capitaine de la Hure Grand collier du Capitaine de la Hure Grand collier du Capitaine de la Hure  Grand collier du Capitaine de la Hure Péripéties de la création du grand collier du Capitaine de la Hure d'argent .
Que de travail , coulé en laiton , sertis pièce par piéce entièrement à la main ,chaque pierre sertie est un travail unique découper le champ , soudure à l'argent , et il faut 1,25 m de longeur , nous en somme à 1M , tout est fait comme au 14°, c'est ce que l'ont appelle du sur mesure .
Je vous fait participer à l'évolution .
 
 
 
 
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#Posté le mardi 08 février 2011 11:48

Attache de cape

Voici une attache de cape pour ceux qui aime le beau ,cabochon d' Ambre sertis sur feuille d'or 24 carats .
 
Disponible .
 
Attache de cape Attache de cape Attache de cape
 
 
 
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#Posté le jeudi 10 février 2011 10:45

Fermail 13/14° aux émeraudes et aux aigues marines

Fermail 13/14° aux émeraudes et aux aigues marines

Fermail 13/14° aux émeraudes et aux aigues marines
fermail en bronze jaune or , même l'ardillon pour une fois (la pièce originelle est en "or" et l'arcillon aussi , c'est pour cela que j'ai fait l'ardillon en bronze !, sertissage en clos filligranné, pierres , émeraudes et aigues marines en cabochons (Cette pièce est disponible)
 
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#Posté le mardi 22 février 2011 11:03

Fabrication d'un fermail ""royal""

En premier la fonte , puis l'ébavurage et le ciselage
 
Fabrication d'un fermail ""royal""
 
Puis la préparation du sertissage
 
Fabrication d'un fermail ""royal""

Le chois des pierreries , ici diverses pierres fines avec des coeurs de fleurs en grenats de Hongrie .
 
 
Fabrication d'un fermail ""royal""
 
 
Les pierres sont serties à leurs emplacements respectifs 
 
 
Fabrication d'un fermail ""royal""
 
En attendant la fabrication de l'ardillon !
 
 
Voilà l'ardillons est fabriqué
 
 
Fabrication d'un fermail ""royal""
 
 
Maintenant reste à le placer et la pièce sera terminée après un petit polissage :-)
Ceci représente en gros 4 jours de travail , de la fonte à la finition .
 
 
 
 


Fabrication d'un fermail ""royal""
 
 Cette pièce est disponible à l'achat . :-)








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#Posté le mercredi 23 février 2011 12:50

Modifié le jeudi 03 mars 2011 08:13

Fermaux en argent émaillé /sertis de pierres ou de perles .

Le fermail , fait partie des bijoux les plus porté autant par les Hommes que par les Dames au moyen age , en voici différents modèles des 12°/13° et 14° siècles .
 
 
 
Fermail fin 12° début 13° en argent et perles fines serties
Fermaux en argent émaillé /sertis de pierres ou de perles .Disponible à l'achat
 
 
 
Fermail grand modèle en argent émaillé 14° siècle
 
 
Fermaux en argent émaillé /sertis de pierres ou de perles .Disponible à l'achat
 
 
Fermail en argent et grenats 13° siècle
 
Fermaux en argent émaillé /sertis de pierres ou de perles .Vendu
 
Fermail en argent émaillé et sertis de pierres fines
 
 
Fermaux en argent émaillé /sertis de pierres ou de perles .Disponible à l'achat
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#Posté le jeudi 03 mars 2011 07:57

Productions

Grand fermail aux perles d'orient (13° ), disponible
 
Productions
 
 
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#Posté le lundi 31 janvier 2011 05:33

Mes productions

Le principal de ma production est la réalisation pour vous de copies et reproductions de bijoux d'époque .
 
à côté des photos , ceux qui sont disponibles à l'achat sont marqués disponible , les autres sont marqués vendu .
 
Mes productions  
Grande croix en bronze émaillée en relief vert et bleu , disponible
 
Mes productions
Bague en argent sertie d'un grenat , disponible
 
Mes productions
Bague en argent sertis d'une petite perle baroque, disponible
 
Mes productions
Pendentif en argent sertis de grenats , pour noble dames ou épouses comblées , disponible
 
Mes productions
Grosse bague d'homme , bronze et nacre , disponible
 
Mes productions
Anneau d'argent , disponible
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#Posté le lundi 31 janvier 2011 05:13

Modifié le lundi 31 janvier 2011 05:30

Byzance


Byzance
 
 
 
 
Commençons par préciser le contexte historique en remontant en l'an 395!
En l'an 395, l'empire romain éclate en deux morceaux, partagé par l'empereur Théodose entre ses deux fils. Une partie orientale de l'imperium romanum est créée avec comme capitale la cité de Constantinople (Bysance). Ce qu'il faut retenir de cet événement est que la limite de l'empire d'orient allait du Danube (Sremski Karlovci) jusqu'au bouches de Kotor. Ce découpage a donc laissé une partie de la côte adriatique des Balkans sous le contrôle de Rome. A la suite de l'excommunication en 1054 du patriarche Byzantin Michel Cérulaire, l'église d'orient devient soumise au patriarche de Constantinople. Les zones sous contrôles ont alors définitivement opté pour le choix religieux de leurs hiérarchies, c'est à dire chrétienne pour Rome et orthodoxe pour l'empire byzantin. La conjonction de la chute de l'empire romain et du schisme a donc conduit des populations à développer des identités religieuses différentes. Ceci explique en particulier la religion orthodoxe des populations serbes d'aujourd'hui ainsi que la religion chrétienne majoritairement adoptée par les croates ou les slovènes.
Byzance
 Comment une croisade pour délivrer Jérusalem a aidé les ottomans dans les Balkans...
Le 13 avril 1204, lors de la quatrième croisade, Constantinople est prise par les croisés et mise à sac. Cet épisode tragique marque le début du déclin de cet empire. Une partie de ses terres est ainsi confisquée par des croisés aux fortes ambitions personnelles, n'ayant plus rien à voir avec l'idéal religieux lancé lors de la première croisade par le pape Urbain. Il s'ensuit dans l'empire une crise financière et monétaire, prélude d'une longue agonie, s'achevant par l'invasion ottomane et la prise de Constantinople plus de deux siècles plus tard.
Dès cette date les balkans, faisant partie de l'empire, sont soumis à des guerres internes. En particulier, les populations bulgares et serbes se révoltent contre l'autorité impériale. C'est en fait le début de la dislocation de son territoire par des populations cherchant à prendre leur indépendance. Cela se poursuivra par l'annexion de villes par les puissances maritime de l'époque que sont Venise et Gênes pour s'assurer un monopole commercial, imité par Naples vers 1260. On peut aussi citer des attaques mongoles pendant ce XIII siècle en Thrace. Par la faiblesse de son trésor (pillé par les croisés), l'empire ne peut plus payer ses mercenaires pour son armée et se voit attaquer de toute part sans pouvoir y répondre efficacement.

 
Byzance
 
Les conséquences de l'affaiblissement de l'empire byzantin: les désordres dans les Balkans aux XIII-XIV siècle et le début des migrations.
Au fur et à mesure de la chute de l'empire byzantin, le pouvoir impérial abandonne ses droits tandis que se constitue dans les Balkans une population de seigneurs et une paupérisation des petits propriétaires. Il apparaît en fait une structure féodale où les seigneurs n'ont de compte à rendre à personne et où se développe des luttes féroces pour prendre le contrôle de régions libres de tout contrôle "officiel". Une forte dégradation sociale conduit des paysans à se voir attacher à leur terre et donc à leur seigneur, source de richesse pour ce dernier car source d'impôts. Ainsi le fameux code Zakonic établit par le souverain serbe Etienne Dusan au milieu du XIV siècle, instaure les corvées sous la forme de deux jours de travail gratuit par semaine au service du seigneur. Féodalisation, atomisation aristocratique, abus des seigneurs, guerres territoriales et brigandage caractérisent le déclin de l'empire byzantin dans les Balkans.
Enfin, il ne faut pas oublier les épidémies de peste qui vont sévirent depuis 1347 et ce pendant plus d'un siècle, pour l'on puisse avoir une idée du contexte dans lequel s'est effectué l'invasion ottomane. L'empire byzantin était un fruit mur qui ne demandait que de tomber une bonne fois pour toute... Ces épidémies ont touché plus particulièrement les villes (1348, 1403, 1413-1418, .. à Constantinople; 1363, 1372, 1464... à Raguse; 1382 à Venise;...)  et la cote adriatique. Les raisons en sont bien sur le commerce maritime et la plus grande population qui favorisèrent la propagation de la maladie. Ces attaques ont été telles que les populations des villes ont fortement déclinées, non seulement à cause des morts mais aussi parce que la population préférait fuir ce qui d'ailleurs favorisait encore un peu plus la propagation de la peste.... Le commerce, particulièrement développé à Raguse (Dubrovnik), s'en trouve ainsi désorganisé et conduit à la ruine les marchands (peste de 1372). La peste a ainsi conduit à amplifier les désordres économiques et sociaux décrits précédemment.
On comprend aisément qu'il existait donc bien avant la venue des ottomans, une population flottante fuyant le fisc et les abus, réserve bon marché de main d'œuvre pour les seigneurs, rodant autour des villes sans pouvoir y entrer.
En fait, l'émigration de "slaves" des Balkans vers l'Italie a commencé bien avant l'invasion des ottomans et se justifie aux connaissances de la situation politique, économique et sociale de l'époque. Les premières migrations semblent même pouvoir être datées du XIII siècle.
 
 
La chute de l'Empire byzantin
 
L'Empire morcelé...

        Suite au détournement de la quatrième croisade, à la prise et à l'innommable sac de Constantinople par les Croisés (13 avril 1204) et à l'établissement du désastreux Empire Latin de Constantinople, trois principautés byzantines rivales entre elles et opposées à l'Empire Latin se constituèrent rapidement : en Asie Mineure, Théodore Laskaris fonda la principauté de Nicée, en Grèce occidentale Michel-Ange créa le despotat d'Epire alors qu'à Trébizonde régnaient déjà les Grands Comnènes Alexis et David, petits-fils de l'empereur Andronic.
        La principauté de Trébizonde, très vite vassalisée par les Seldjoukides (1214) puis par les Mongols, profita de la pax mongolica et du détournement des voies commerciales indiennes de la Mer Rouge et de la Syrie vers le Caucase et la Mer Noire pour connaître une exceptionnelle prospérité commerciale sous le règne d'Alexis II Comnène (1297-1330); par la suite Trébizonde brilla de tous ses feux artistiques, culturels et intellectuels au 15ème siècle avant de tomber sous la coupe des Ottomans en 1461.
        Alors que la chevalerie latine était écrasée par les troupes bulgares à Andrinople en avril 1205, Théodore Laskaris, profitant du désarroi latin, put étendre son influence à la presque totalité de l'ancienne Asie Mineure occidentale et se posa comme l'unique successeur légitime de l'Empereur de Constantinople, légitimité renforcée par la présence, à ses côtés, du patriarche de Nicée, seul chef reconnu de l'Eglise Orthodoxe.
        Laskaris, menacé par le sultanat seldjoukide de Rûm, passa, par ailleurs, un accord défensif avec Léon II de Cilicie, roi de Petite Arménie, et parvint à vaincre le sultan d'Iconium (l'actuelle Konya) à Antioche du Méandre (1211).

        Entre-temps, le despote d'Epire, Théodore Ange, s'empara de la latine Thessalonique (1224) où il se fit couronner empereur, en concurrence avec celui de Nicée. Mais, peu après, alors qu'il marchait sur Constantinople, il fut définitivement écrasé par les troupes Bulgares de Jean Asên II (1230).
        Seul le danger mongol maintint en vie l'Empire Latin de Constantinople; en effet, face à cette menace, le successeur de Théodore Laskaris, Jean III Vatatzès (1222-1254), se vit contraint de protéger ses arrières orientaux en s'alliant avec le sultan Seldjoukide de Rûm (Anatolie) qui fut bien vite vassalisé par les Mongols (1242), alors que ces derniers, à la mort du khan Ogoday (1242), épargnèrent Nicée préférant d'abord régler la succession du khan décédé.
        Profitant de l'affaiblissement de ses rivaux, Vatatzès s'empara de Thessalonique et de la Macédoine (1246) puis réorganisa la principauté de Nicée en recourant à la pratique des biens militaires confiés à des soldats-paysans; par ailleurs il prohiba tous les achats de produits de luxe et, profitant de la dévastation de ses voisins, victimes de l'invasion mongole, il fit payer en or les marchandises qu'il vendait aux Turcs. Par sa politique avisée Jean Vatatzès ouvrit ainsi la voie à la brillante et ultime renaissance byzantine, celle des Paléologues.
        Son successeur, Théodore II Laskaris (1254-1258), transforma la cour de Nicée en un brillant centre scientifique et culturel (rôle de Nicéphore Blemmydès (1197-1272), conciliateur de Platon et d'Aristote) alors que son fils, Jean IV Lascaris, fut détrôné par le général Michel VIII Paléologue (1259-1282).
 
 
Byzance
 
Les Paléologues : une épuisante reconquête...
 
        Mais à peine avait-il revêtu la pourpre nicéenne, Michel VIII dut faire face à une vaste coalition composée de Manfred de Sicile, du despote d'Epire et du prince féodal d'Achaïe, le latin Guillaume de Villehardouin, également suzerain du duché d'Athènes, coalition soutenue par le roi des Serbes Ouroch 1er.
        La coalition féodale miraculeusement vaincue à Pélagonia (1259), Michel VIII engagea alors des pourparlers avec Gênes pour se prémunir face à un éventuel retour en force de Venise. Ainsi, en 1261, fut signé, entre Gênes et Nicée, le traité de Nymphaeon qui fut à l'origine de la puissance génoise en Méditerranée orientale comme l'avait été, en son temps et pour sa rivale vénitienne, la bulle d'or de 1082.
        La même année Constantinople tomba, comme un fruit mûr, dans les mains du général byzantin Strategopoulos; l'Empire Latin avait vécu, mais Constantinople sortait terriblement appauvrie de cet épisode et avait perdu son statut de grande puissance alors que son économie et son commerce se trouvaient entièrement aux mains des marchands génois et vénitiens qui tenaient encore d'importantes positions en Grèce et qui n'allaient pas tarder à revenir en force à Constantinople .
        Byzance, otage des rivalités vénèto-génoises, en proie au féodalisme, menacée par d'imminents dangers extérieurs allait néanmoins encore survivre près de deux siècles et briller de ses derniers feux culturels (néoplatonisme, Georges Gémiste Pléthon) et artistiques, ceux de la renaissance des Paléologues dont Mistra en Morée sera le principal foyer .
 
       Le frère de Michel VIII Paléologue, le despote Jean, obtint en 1264 la soumission du despote d'Epire Michel II alors qu'en 1268 les Vénitiens retrouvèrent l'essentiel de leurs privilèges commerciaux à Constantinople.
        Mais, en 1266, Charles d'Anjou tua Manfred de Sicile à Bénévent et bien vite, le prince latin d'Achaïe se jeta dans ses bras. Charles d'Anjou se montrant alors un adversaire résolu, bien déterminé à abattre la puissance byzantine.
        D'abord tenu en bride par la papauté, soucieuse de régler le schisme de 1054 par la négociation, puis contrecarré dans ses ambitions par la croisade de Tunis (1270/71), son projet d'invasion fut réduit à néant par le Concile de Lyon qui aboutit, en 1274, à un accord entre Rome et Constantinople sur l'union des Eglises.
        La menace angevine s'éloignant, Michel VIII en profita pour s'assurer une relative et temporaire maîtrise en Mer Egée et pour consolider ses positions en Grèce et dans le Péloponnèse.
        Mais, malheureusement, l'Union de Lyon fut vigoureusement combattue par le clergé orthodoxe soutenu par le peuple qui se souleva contre l'Empereur, lequel considérait, à juste titre, cet accord religieux comme la seule planche de salut pour l'Empire.
        En outre, l'arrivée sur le trône pontifical du Français Martin IV, instrument de Charles d'Anjou, précipita les choses et, en 1281, sous le bienveillant patronage du Pape, Charles d'Anjou s'allia avec Venise en vue du rétablissement de l'Empire Latin (traité d'Orvieto) alors que le pape excommuniait Michel VIII, coupable, à ses yeux, de ne pas avoir pu imposer l'unionisme à Constantinople...
        Alliés aux Serbes et aux Bulgares, les Angevins, transportés par la flotte vénitienne, entrèrent en campagne, la chute de Constantinople semblait imminente quand les Vêpres Siciliennes (1282) et l'intervention de Pierre d'Aragon à Palerme, habilement poussé dans le dos et financé par Michel VIII, forcèrent Charles d'Anjou à une retraite précipitée.
        Mais, épuisé par ces efforts, l'Empire d'Andronic II Paléologue (1282-1328) commença doucement à se désagréger en principautés quasiment indépendantes; le féodalisme byzantin atteignit en effet son point culminant dans le courant du 14ème siècle alors que l'autorité centrale, complètement désargentée, avait toutes les peines du monde à entretenir une petite armée de mercenaires (3.000 cavaliers) incapable de faire face aux invasions serbes et dut même, erreur fatale, renoncer à l'entretien d'une flotte digne de ce nom .
  Indice de cette désagrégation, la monnaie d'or byzantine, le nomisma, appelé alors hyperpyron, vit son titre dégringoler de seize carats sous Jean Vatatzès, à quinze carats sous Michel VIII et à quatorze sous Andronic II.
        Les revenus annuels de l'Etat tournaient, sous Andronic II, et après une drastique réforme fiscale, autour du million d'hyperpyra alors qu'au haut Moyen Age ce montant s'élevait, bon an, mal an, à sept ou huit millions de nomismata au pair (vingt-quatre carats).
Par ailleurs, sous les Cantacuzène, alors que la douane génoise de Péra/Galata encaissait annuellement des revenus de 200.000 hyperpyra, les revenus douaniers de Constantinople étaient tombés, eux, à moins de 30.000 hyperpyra, ce qui illustre bien à quel point le commerce extérieur byzantin était entièrement tombé sous la coupe des républiques marchandes italiennes.
        Jean VI Cantacuzène, voulant faire face à cette situation, abaissa les tarifs douaniers de Constantinople ce qui entraîna un afflux de marchandises aux détriments de la douane de Péra/Galata; les Génois ne tardèrent néanmoins pas à réagir et anéantirent ce qui restait de la flotte byzantine en 1349; la soumission de Byzance aux intérêts italiens ne pouvant être mieux illustrée.
        Mais, outre la menace Serbe et Bulgare (la Serbie étendra bientôt son hégémonie à tous les Balkans, ceci au détriment de la Bulgarie écrasée en 1330), un danger autrement redoutable pointait à l'Est. En effet, dès 1300, la presque totalité de l'Asie Mineure était tombée aux mains des Turcs Osmanlis (ou Ottomans), originaires d'un petit émirat d'origine Seldjoukide compris entre Nicée et Dorylée et qui, théoriquement sous souveraineté mongole, avait acquis son indépendance au début du règne d'Osman Gazi le Victorieux (1299-1326).
        L'aide des Alains et de très peu fiables mercenaires aragonais et navarrais (ils se retournèrent contre Byzance et allèrent jusqu'à assiéger Thessalonique en 1308 avant de s'emparer du duché d'Athènes de Gauthier de Brienne en 1311) n'y fit rien, l'avancée des Turcs Osmanlis semblait inéluctable (prise de Brousse (l'actuelle Bursa) en 1326, chute de Nicée (l'actuelle Iznik) en 1331 et de Nicomédie (l'actuelle Izmit) en 1337).
 
 
Byzance
 Guerres civiles et conflits religieux.
 

        Face à cette menace mortelle, Byzance se perdit en multiples guerres civiles et conflits religieux.
        La première grande guerre civile opposa, à partir de 1321, Andronic II (1282-1328) à son petit-fils et co-empereur Andronic III (1328-1341) soutenu par le magnat et grand aristocrate Jean Cantacuzène. Ce conflit déchira les derniers lambeaux de l'Empire en deux parties, l'une étant contrôlée par Andronic III (la Thrace et une partie de la Macédoine), l'autre par Andronic II (Constantinople et ses alentours).
        Une fois au pouvoir, Andronic III et son allié Jean Cantacuzène s'évertuèrent à reconstituer une véritable flotte impériale; les fonds publics n'y suffisant pas, c'est à l'aide de leurs propres hyperpyra que Cantacuzène et d'autres aristocrates parvinrent à leurs fins; la puissance étatique byzantine était morte, l'armée et la flotte littéralement privatisées...
        Impuissante face au danger Osmanlis (défaite byzantine décisive de Pélékanon en 1331), Byzance parvint cependant à reprendre Chios aux Génois en 1329 et à soumettre l'Epire et la Thessalie (1335/40) avant de devoir l'abandonner à la Serbie de Stefan Douchan ou Dusan (1348).
        À la mort d'Andronic III, le Grand Domestique (Premier Ministre et chef des armées), Jean Cantacuzène prétendit à la régence du jeune Jean V Paléologue. Une nouvelle guerre civile éclata entre partis rivaux alors que les frontières de l'Empire étaient attaquées de toutes parts. Jean Cantacuzène, à l'aide de troupes privées, parvint à conjurer la menace extérieure, mais, profitant de son absence, le parti adverse le déclara ennemi de la patrie et ses partisans furent jetés en prison.
        Cantacuzène réagit en se faisant proclamer Empereur (1341) tout en préservant les droits légitimes de Jean V (1341-1391). Commença alors une longue guerre civile qui ne s'acheva qu'en 1347 avec l'entrée de Jean Cantacuzène dans Constantinople où il se fit couronner sous le nom de Jean VI (1347-1354). Mais le conflit se ralluma bien vite et, dès 1352, Jean V, se plaignant d'être tenu à l'écart du pouvoir à l'avantage de Mathieu, le fils de Jean VI Cantacuzène, et qui avait hérité du gouvernement de la Thrace, relança les hostilités. Mathieu, après l'exil de Jean V, fut proclamé empereur (1353). Mais, à la faveur d'une population paniquée par la prise de Gallipoli par les Ottomans (suite à un terrible séisme dans les Dardanelles) et hostile à l'aristocratie et à l'introduction d'éléments Turcs à la cour impériale, Jean V, aidé des Génois, fit son retour à Constantinople et Jean VI Cantacuzène abdiqua, pour se faire moine, en novembre 1354.
        En plus de cette interminable guerre civile, l'Empire fut également déchiré par la querelle religieuse des hésychastes, courant ascético-mystique dont le mont Athos fut le bastion, et qui prônait "la croyance à l'éternelle visibilité de la lumière thaborique" (Georges Ostrogorsky) ou, en d'autres termes, à la possibilité pour l'homme, par la pratique d'une sorte de Yoga, de contempler la lumière qui, sur le mont Thabor, auréola le Christ lors de sa transfiguration.
        La querelle théologique autour du courant mystique de l'hésychasme, réplique byzantine du conflit qui, en Occident, opposait la scolastique rationalisante aux courants mystiques, fut initiée par une violente diatribe du scolastique aristotélicien Barlaam de Calabre qui se heurta au théologien byzantin Grégoire Palamas (1296-1359), soutenu par Jean VI qui parvint à faire triompher l'hésychasme lors du Concile des Blachernes de 1351.
Du chaos à la chute...
 
        En plus de la guerre civile et de la querelle des hésychastes, l'Empire, ou ce qu'il en restait, dut faire face à de redoutables mouvements sociaux urbains opposés à l'aristocratie terrienne et attisés par les ennemis de Jean Cantacuzène, lui-même grand aristocrate.
        Ainsi, à Thessalonique, le parti populaire des Zélotes parvint à imposer, de 1342 à 1350, une véritable dictature du prolétariat avant la lettre qui se matérialisa par une expropriation généralisée des biens des possédants, aristocrates ou religieux, et par un véritable régime de terreur.
        Profitant de ce chaos, la puissance Serbe s'affirma et l'empereur de Serbie Stefan Douchan (1334-1355) s'empara successivement de l'Albanie (1343/46), de l'Epire, de l'Acarnanie et de la Thessalie (1347/48); de leurs côtés, les Génois récupérèrent Chios (1346), le territoire byzantin se résumant ainsi à la seule Thrace, à quelques îles de la mer Egée, à Thessalonique et au quasi indépendant despotat de Morée (capitale Mistra), dont les premiers despotes furent les fils de Jean VI, Manuel Cantacuzène (1348-1380), puis Mathieu Cantacuzène (1380-1382/83) avant de repasser aux Paléologues (Théodore 1er  , 1382-1406, fils de l'Empereur ) et, après une surprenante expansion territoriale de 1402 à 1432 (tout le Péloponnèse releva alors de Mistra), de finir sous les coups des Ottomans en 1460.
        L'état de délabrement de la puissance byzantine était tel qu'il est surprenant que Constantinople, qui s'accrocha jusqu'au bout à son idée de monarchie universelle, ait pu encore se maintenir près d'un siècle face à l'avance ottomane.
        Cela s'explique sans doute par l'intérêt que les Turcs portaient alors à la péninsule balkanique qu'ils se mirent à conquérir de façon systématique (chute d'Andrinople, qui deviendra Edirne, en 1362, conquête de la Macédoine en 1371, prise de Sofia en 1385, occupation de la Bulgarie en 1388/93, défaite Serbe à la bataille de Kosovo en 1389, écrasement d'une tentative de croisade occidentale à Nicopolis en 1396) et à l'état de quasi-vassalité dans lequel était tombée Constantinople par rapport aux Turcs.
Seule la défaite du sultan Bajazet face au Turco-Mongol Timur Lang (Tamerlan) de Samarkand à la bataille d'Ankara (1402) et la bienveillance du sultan Mahomet 1er, trop occupé à reconstruire l'Empire de son père sur les débris de l'éphémère royaume de Tamerlan, accordèrent un ultime répit à Constantinople, marqué par une dernière tentative de rapprochement entre les Eglises d'Orient et d'Occident qui aboutit, lors du fameux concile de Ferrare/Florence (1438/39), à une union éphémère conclue entre le Pape Eugène IV, l'Empereur Jean VIII et le Patriarche Joseph II et proclamée par le cardinal Giuliano Cesarini et Jean Bessarion de Trébizonde (1402-1472), archevêque de Nicée.
        Mais cette dernière tentative unioniste n'eut pas les résultats escomptés, elle entraîna la rupture avec la Russie (la future "Troisième Rome" qui, en 1448, procéda à l'élection d'un métropolite opposé à l'union avec Rome) et fut vivement contestée par la population de Constantinople ("Plutôt voir le turban turc au milieu de la capitale que la mitre latine" se serait exclamé un haut fonctionnaire byzantin lors d'une ultime tentative de défense de l'Union tentée, à Constantinople, par le cardinal Isidore, légat du pape, le 12 Décembre 1452, alors qu'il célébrait une messe romaine à Sainte Sophie, la fameuse "messe noire" des orthodoxes).
Le concile de Florence eut néanmoins d'immenses conséquences sur le développement de la Renaissance et la diffusion du néoplatonisme en Italie.
        Militairement les jeux étaient faits, une dernière tentative de croisade occidentale anti-turque menée par Vladislav III Jagellon et le cardinal Cesarini écrasée à Varna (1444); le 7 avril 1453 Mohamed II (1451-1481) mit le siège devant Constantinople réduite alors à 40.000 habitants (elle en comptait 300.000 sous Justinien, 500.000 au 10ème   siècle et 150.000 en 1300) et défendue par son dernier empereur, Constantin XI Dragasès (couronné à Mistra le 6 janvier 1449, mort sur les murs de Constantinople le 29 avril 1453).
La plus puissante citadelle du monde ne put faire face à la formidable artillerie turque, et la ville, dépourvue de flotte défensive, fut enlevée par les Janissaires ottomans le 29 mai 1453.

Le siège de Constantinople (5 avril 1453 - 29 mai 1453)

        Si le siège de Constantinople commença réellement le 5 avril 1453 avec l'arrivée de la puissante armée de Mahomet II en vue de la plus puissante forteresse du monde (longueur totale des remparts maritimes et terrestres : 25 kilomètres), l'on peut néanmoins considérer que c'est la construction, entre Mars et Août 1452, de la forteresse ottomane de Rumeli Hisar sise sur les rives du Bosphore à une dizaine de kilomètres au nord de la ville qui marqua le début de l'assaut final des forces turques contre l'ultime réduit d'une puissance impériale à l'agonie.
        Le 5 avril 1453 Mahomet II à la tête d'une armée de près de 100.000 hommes installa son camp face aux formidables murailles terrestres élevées dès 413 par Théodose II et renforcées d'un fossé et d'un second mur en 447.
Cette muraille sera le théâtre des plus furieux assauts qui pendant 55 jours mettront la dizaine de milliers de défenseurs  de Constantinople aux prises avec les corps d'élite de l'armée ottomane alors qu'ils étaient en outre forcés de sans cesse colmater les brèches provoquées par le tir de l'artillerie turque dont le plus  formidable canon était capable de tirer des boulets de 600 kilos à une distance de 1,4 kilomètre.
        Le 12 avril, la flotte ottomane (145 vaisseaux) arriva en vue de la Corne d'Or défendue par une chaîne tirée de la pointe du Sérail à la colonie génoise de Péra / Galata et défendue par une flotte hétéroclite composées d'unités navales essentiellement byzantines, génoises et vénitiennes.
        Ne parvenant pas à forcer les défenses maritimes de la Corne d'Or, Mahomet II ordonna de transporter une partie de sa flotte dans la Corne d'Or par voie terrestre en contournant Péra par le Nord (22 avril), obligeant de la sorte les forces byzantines à se redéployer sur plusieurs kilomètres de remparts supplémentaires.
La situation semblant désespérée, Venise ordonna, bien tard, le 7 mai 1453, l'envoi d'une flotte de secours qui, hélas pour la ville, n'arrivera jamais à temps. En effet, le 29 mai, aux lueurs de l'aube, les Ottomans lancèrent l'assaut final et, s'emparant d'une poterne située juste au dessous du Palais impérial des Blachernes (la Kerkoporta), prirent pied sur les remparts, submergeant rapidement les maigres défenses byzantines à la tête desquelles l'Empereur Constantin XI combattit vaillamment jusqu'à la mort.

La renaissance des Paléologues

        Abandonnant progressivement l'art de la mosaïque (trop coûteux et peu adapté à la nouvelle iconographie) au profit de la fresque, fortement influencée par les réalisations artistiques italiennes, la dernière renaissance byzantine, tout à l'opposé du hiératisme sur fonds dorés si caractéristique des grandes heures de l'Empire, privilégia un art angoissé (en phase avec la réalité politique de l'empire), aux postures désarticulées, aux expressions tendues et fiévreuses. "Mais c'est aussi un art humaniste (...) qui rappelle à l'homme sa dignité et celle de son humble décor quotidien (...) où il est bien réconfortant d'apprendre que le Christ, la Vierge ou les apôtres usaient de ces mêmes vases, de ces mêmes tissus qui servent tous les jours à la maison (...) Saisir l'homme dans sa réalité instantanée parce qu'il est rare et précieux, tel est le dernier mot de l'art (byzantin)" (Alain Ducellier, Byzance et le monde orthodoxe).
        Parmi les plus belles réalisations de ce nouvel art des Paléologues, retenons, en particulier, les fresques de Sainte Sophie de Trébizonde (1260), celles qui ornent l'exceptionnel ensemble d'églises et de monastères de Mistra ou du refuge monastique des Météores (Grèce), mais aussi, à Constantinople même, les magnifiques réalisations de l'église de la Chora .
Paul Matagne,
historien.
 Byzance
Bibliographie sommaire
Ducellier Alain , Balard Michel, Constantinople 1054-1261, Autrement, Paris, 1996
Ducellier Alain, Byzance et le monde orthodoxe, Armand Colin, Paris, 1997
Malherbe Jacques, Constantin XI . Dernier empereur des Romains, Bruylant-Academia, Louvain-la-Neuve, 2001
Matagne Paul, Renaissance(s). L'Axe Lotharingien Berceau de l'Humanisme Européen, Orphée et Ganymède, Bruxelles, 2000
Norwich John, Julius Histoire de Byzance , Perrin, 1999
Talbot Rice David, L'Art de l'empire byzantin, Thames & Hudson, Paris 1995
Velmans Tania, Korac Vojislav, Suput Marica, Rayonnement de Byzance, Zodiaque - Desclée de Brouwer, Paris 1999
 
 
 



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Modifié le mardi 08 mars 2011 13:22

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